LES TRAITEMENTS MEDICAUX CLASSIQUES
Mis à part quelques traitements de choc d’emploi
extrêmement limité, la thérapeutique
des dépressions est essentiellement
chimiothérapique. On a de bonnes raisons de penser que
l’état dépressif est lié
à un mauvais fonctionnement de certaines substances
chimiques, les médiateurs, qui permettent la propagation de
l’influx nerveux de cellule à cellule. Les
antidépresseurs, comme de nombreuses autres drogues (tabac,
amphétamine, etc.) viennent alors moduler les
sécrétions naturelles du cerveau.
Que penser de ces médicaments ? Evitons tout
d’abord cet esprit magique qui transparaît dans
toute attitude totalitaire (que l’on soit pour ou contre).
Reconnaissons que ces produits sont des petites merveilles
technologiques mais que c’est souvent leur emploi –
et leur abus – qui laisse à désirer. De
très grands progrès ont été
faits dans ce domaine et les nouvelles molécules
présentent moins d’effets nocifs. Cette
thérapeutique est donc parfois un moindre mal,
préférable en tout cas à un suicide ou
à la souffrance morale et physique de certains sujets. Ces
remarques positives en faveur de la chimiothérapie
étant posées, il est prudent et
légitime d’en souligner les lacunes et les
dangers.
Tout d’abord l’action de ces médicaments
vise les symptômes et non les causes. Le malade sera
peut-être soulagé à court terme, mais
son problème ne sera pas résolu pour autant.
Ensuite ils ne sont pas toujours efficaces. Lors d’un
expérimentation d’un produit tout nouveau sur 3000
patients, en majorité de sexe féminin, on a
constaté 60% de guérison ou de nette
amélioration, 13% d’absence d’effet et
5% d’aggravation.
Les antidépresseurs entraînent souvent des
troubles digestifs et urogénitaux, des effets secondaires
dangereux dans la vie moderne (somnolence, inattention), des
perturbations profondes et durables de la libido, des insomnies
rebelles, une prise de poids…
Il nous semble donc plus sage, sans rejeter absolument leur
utilisation, de la limiter autant que faire se peut. Il vaut mieux,
puisque la déprime dont on parle ne s’installe pas
en un jour, essayer de commencer par des thérapeutiques plus
larges et plus douces. En cas d’echec, il sera toujours
possible d’avoir recours à un
antidépresseur. On peut l’éviter dans
un grand nombre de cas. Cela nous semble
préférable au fait de se gaver, pour un oui ou
pour un non, comme le font beaucoup trop de nos contemporains, de
pilules pour s’endormir, pour se réveiller, pour
se stimuler, pour se détendre, pour calmer son
anxiété, pour …, pour … Sur
cette pente savonneuse, on risque d’en voir de toutes les
couleurs.
LES MEDECINES DE TERRAIN
Leur philosophie est différente . Au lieu de substituer un
produit actif à un fonctionnement très
précis mais défaillant, les médecines
de terrain se proposent de stimuler l’organisme tout entier,
généralement par des actions très
faibles et non toxiques, afin de lui permettre d’assurer
lui-même sa propre défense. Nous les mentionnons
non pour favoriser une automédication, mais pour orienter le
patient dans le choix de son thérapeute ou dans ses demandes
à celui-ci
-
L’homéopathie
possède des armes puissantes contre la
dépression. Par exemple : Ignatia, Arnica, Opium,
Calcaréa, Carbonica, Sépia, Staphysagria,
Phosphoricum acidum, Arsénicum album, etc. Mais elles sont
inefficaces chez les malades qui ont préalablement
absorbé de nombreux médicaments allopathiques
(d’où l’intérêt de
ne pas commencer par ceux ci). Le traitement homéopathique
est subtil, car on ne traite pas une maladie mais une personne unique
ayant une morphologie, un tempérament, une histoire, des
réactions propres. Il faut une science du praticien
chevronné pour établir une prescription.
-
La phyto-aromathérapie
peut agir à deux niveaux, soit par des produits à
dose sensiblement allopathique, soit plus finement par des essences de
plantes qui, à faible dose, vont avoir une action sur le
terrain, un peu comme les hormones. Là encore, un praticien
expérimenté est nécessaire. Toutefois,
on peut mentionner un certain nombre de plantes dont les effets
sédatifs sont bien connus et peuvent, au tout
début d’une légère
déprime (se manifestant par des insomnies par exemple),
enrayer le processus ; aubépine (crataegus),
valériane, passiflore, mélilot, lotier.
-
L’acupuncture est une
thérapeutique à laquelle il faut penser. Ce
chapitre n’a évidemment pas pour but de vous
apprendre à vous servir des petites aiguilles chinoises mais
de vous rappeler cette corde à votre arc.
L’acupuncture peut vous aider à vaincre les
angoisses et, en stimulant certains points, avoir une action sur les
énergies que l’organisme possède,
latentes.
-
L’oligothérapie. Il
s’agit d’un traitement par les
oligo-éléments. De plus en plus de
médecins se mettent à cette pratique, car elle
est vraiment sans danger et d’une très grande
efficacité dans de multiples affections.
L’oligo-élément des états
dépressifs est le lithium ? On le trouve en pharmacie sous
la forme d’ampoules buvables de 2 ml de gluconate de lithium.
Là encore c’est au praticien
d’apprécier la posologie : nombre
d’ampoules quotidiennes et durée du traitement.
Son effet est souvent spectaculaire. Il n’est pas toxique et
peut être associé si nécessaire
à d’autres traitements.
Le déprimé est également une personne
qui souvent a un déficit magnésien. Une cure de
magnésium (il existe sous plusieurs formes en pharmacie)
aidera à sortir du «
creux de la vague
»
LES BASES PHYSIOLOGIQUES D’UNE MEILLEURE SANTE
Alimentation et hygiène de vie
Beaucoup de personnes ne voient pas le lien étroit entre
alimentation et santé physique ou mentale. Car il faut dix
ou vingt ans pour qu’apparaissent les effets redoutables
d’une alimentation malsaine, diarrhée, crises de
foie …
Si l’on veut prévenir les états
dépressifs et se forger un terrain solide, il est
évidemment recommandé d’avoir une
alimentation saine. Elle sera régulière, aussi
simple que possible, avec peu de plats à chaque repas, mais
variée dans le temps, et comportera des aliments sains,
principalement des légumes, céréales,
fruits. Une alimentation exagérément stimulante,
riche en produits animaux, en graisses lourdes à
digérer, en sucre décalcifiant et
énervant, produit des organismes stressés,
fatigués, surchargés. Et après on se
plaint d’être fragile et sujet à des
dépressions. L’alcool, le tabac, le
café, le thé et les autres excitants (boissons
à base de colas notamment) préparent le lit aux
états dépressifs. Aux Etats-Unis, des
expériences ont montré le lien étroit
existant entre consommation de café et tendance
dépressive.
Exercice physique et oxygénation
Toute cellule, et spécialement la cellule nerveuse, doit
également être correctement
oxygénée. S’oxygéner
régulièrement et profondément, faire
marcher ses muscles est un merveilleux tonique physique et moral, un
euphorisant naturel qui donne joie de vivre et dynamisme. Et si vous
sentez poindre une déprime, ne vous dites surtout pas :
« pas de fatigue, donc pas d’exercice physique
». Bien au contraire, allez vous fatiguer physiquement. Au
besoin, sautez un repas si vous manquez de temps. Exercez-vous avec
sagesse, sans efforts exagérés, mais
régulièrement et fréquemment. Au moins
trois fois une demi-heure par semaine. Si l’environnement est
agréable (forêt,
végétation), tant mieux. Les exercices
musculaires ne sont pas déconseillés, mais,
seuls, ils sont insuffisants, car ils sont peu «
aérobie ». Ce qu’il
faut c’est
brûler d’oxygène.
Hydrothérapie
Une pratique hydrothérapique avec douche quotidienne
terminée par une friction à l’eau aussi
fraîche que possible le matin, une douche ou un court bain
tiède le soir sont des antidotes à la
déprime. La première donne du tonus, une peau qui
respire, un moral de gagnant, le second prépare un sommeil
réparateur, sans somnifère et chasse les
insomnies, ce symptôme avant coureur de
dépression.
A titre curatif, on peut y ajouter des bains de siège froids
quotidiens le matin. Y procéder dans une pièce
bien chauffée, avec une eau à 18-20°
maximum, progressivement, de trois à dix minutes. Se
remettre au lit ou au chaud pendants quelques instants. Je reconnais
que ce genre de traitement est plus héroïque que de
prendre une pilule du bonheur. Mais c’est autrement efficace
et sain.
Massage
Le massage a un effet à la fois tonifiant et
sédatif. Un bon masseur peut donc vous aider grandement
à vaincre un état dépressif. Il
n’est donc pas impossible d’apprendre ou de
demander à son conjoint de s’initier aux rudiments
de cet art. Mais le mieux est de s’adresser à un
masseur qui, outre l’aspect musculaire, connaît les
points chinois. Il existe en effet des points de la
dépression (vers le bas du sternum) dont la stimulation est
souveraine.
Voir les
différents
types de massage
Relaxation
C’est une technique qui nécessite un apprentissage
avec un spécialiste. Il existe diverses méthodes
: de Schultz, de Jacobson, etc. Et l’on peut assimiler les
rudiments en un temps relativement court : deux mois environ. Elle est
extrêmement efficace lorsque l’on sent monter en
soi l’angoisse, elle permet de lutter avec succès
contre l’insomnie (deux phénomènes
communs à beaucoup de dépressions), elle donne
à la personnalité toute entière plus
de maîtrise, de calme, de réserve nerveuse et
diminue ses tensions et sa vulnérabilité. La
relaxation est une aide précieuse à ne pas
négliger et une école du mieux-être. Il
est sage de ne pas attendre d’être
déprimé pour s’y mettre.
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