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La dépression : 3ème partie - l’approche psychologique

Dossier posté le 17/09/2007 20:27 par ardine


L’ITINERAIRE PSYCHOLOGIQUE DE L’ANTIDEPRIME

Avec les traitements de terrain et l’approche physiologique, nous avons petit à petit quitté le domaine des symptômes pour nous rapprocher d’un thérapeutique plus profonde, plus causale. Sur un terrain équilibré, dans un organisme physiologiquement euphorique, la dépression aura du mal à prendre racine.

Mais l’homme ne se réduit pas à un corps, il est aussi une intériorité tout à la fois intellectuelle, mentale, affective, spirituelle. La santé totale a sa physiologie, elle a aussi sa psychologie. Les deux aspects sont indissociables et complémentaires.

Avec l’approche psychologique, on arrive plus près encore des causes profondes de la déprime. Et si l’on veut l’éviter ou la vaincre, il faut apprendre a penser différemment, a se comporter différemment.

Nous mentionnerons pour mémoire la psychothérapie, qu’elle soit de type comportementale ou analytique. Il peut être utile de consulter un thérapeute dans ce domaine, spécialement quand on ne se sent pas assez fort pour se reprendre en main.

Voici quelques secteurs où chacun peut quelque chose, par lui-même, pour changer sa vie.

Apprendre à ne pas se critiquer, a se blâmer. C’est inutile, tout d’abord parce que les autres s’en chargent très bien, ensuite parce que ce n’est même pas fécond pour nous permettre de progresser. Bien sur, je ne vise pas ici une saine remise en question, un regard lucide sur ses succès et ses échecs en vue d’un diagnostic et d’un plan de travail plus heureux.

Apprendre à ne pas s’apitoyer sur soi.

Apprendre a ne pas s’apitoyer exagérément sur les autres. Si une personne est accidentée sur le bord de la route, un individu de sang-froid qui sait faire les bons gestes ou avertir sans perdre de temps les pompiers ou les SAMU est beaucoup plus utile qu’un autre dont le seul comportement serait les pleurs et le désespoir.

Ramener les événements a leurs justes proportions. Il existe, hélas ! dans notre monde, des tragédies : des enfants qui meurent de faim, des centaines, voire des milliers de personnes martyrisées, assassinées, un être extrêmement cher qui vous est enlevé, ce sont des drames. A cote de cela, nos petits ennuis, en comparaison, font généralement piètre figure.

Ne pas se culpabiliser (et ne pas apprendre aux autres a le faire ). La encore, il faut distinguer le sens de la faute et de la responsabilité, indispensable a tout progrès moral, et le fait de se complaire dans une rumination affective, non seulement stérile mais encore destructeur. Pour les croyants j’ajouterai que c’est du christianisme mal compris ; je pourrais aisément leur faire une étude théologique sur ce sujet, mais ce n’est pas ici le lieu pour le faire. Toutes ces conduites : critique, apitoiement, dramatisation, culpabilisation, dont on nous a fait longtemps croire qu’elles étaient « de bon ton », sont parmi les causes les plus fréquentes de déprime.

Faire un travail de deuil. Lorsqu’un drame nous frappe, passé un temps légitime de désespoir où nous sommes comme anesthésié, où nous voulons être sourds et aveugles, il faut apprendre a regarder la vérité en face. La première étape vers la guérison consiste a reconnaître la perte de cet objet d’amour, de cette « figure centrale ». Nous entendons par là toute réalité (personne, chose, idée, projet, habitude, etc.) qui était un pilier, et peut-être même le pilier de notre vie affective. Il faut tout d’abord mesurer l’entendue du désastre, ensuite faire le travail de deuil, c’est a dire rompre le lien avec l’objet perdu, ou accepter que la rupture de ce lien soit effective dans les faits extérieurs, ou soit consommé dans notre vécu intérieur. Savoir que nous sommes différents de cet objet, que nous avons le droit et le devoir de nous distinguer de lui, de ne plus fusionner, pour survivre dans un premier temps, pour vivre tout court ensuite.

La grande majorité de nos comportements sont appris : la langue que nous parlons, la manière de marcher, de courir, de travailler, et donc aussi la manière de sentir, ressentir, penser. Il est toujours possible d’apprendre a nous comporter différemment et d’être d’une certaine manière maître des événements au lieu d’en être le jouet. Il me semble que la théorie de l’apprentissage social et les thérapies qui en dérivent ont beaucoup de choses positives a nous apprendre dans ce domaine. A défaut d’exercices pratiques que nous ne développerons pas ici, citons quand même les grands poteaux indicateurs :

Se proposer des petits changements à sa portée, se récompenser lorsqu’on y arrive, s’offrir des petits plaisir, en tenir un compte afin de mesurer les progrès.

Le programme physiologique (alimentation, exercice, relaxation) est certainement un ensemble de points très positifs qui peuvent s’intégrer a coté des éléments plus psychologiques.

Définir le secteur ou le problème qui engendre sa déprime. Eventuellement à l’aide d’amis ou d’un psychothérapeute, mettre au point une stratégie pour éliminer, vaincre ou apprendre à moins tenir compte de cette difficulté. Il faut réapprendre a contrôler ses pensées et a penser de manière positive.

Définir d’autres plans et d’autres styles de vie, avec une organisation permettant moins d’affrontements stressants, plus d’occasions de joie, de succès, de satisfaction (contacts sociaux, loisirs créatifs, actions altruistes, engagement dans des taches enthousiasmantes, etc.)

On objectera que pour mettre en place tous ces dispositifs il faut avoir une belle santé mentale et un certain tonus. C’est vrai. C’est pourquoi, dans ce domaine-là comme dans beaucoup d’autres, mieux vaut prévenir que guérir. Une hygiène physique et mentale peut faire obstacle à la dépression. Mais l’expérience prouve qu’une méthode psychophysiologique comme celle que nous avons résumée, en fournissant un cadre et en guidant les conduites du déprimé – éventuellement à l’aide d’un thérapeute -, permettra à celui-ci de ne plus se débattre, et à s’épuiser dans des efforts dispersés et maladroits.

L’approche purement physiologique comme l’approche psychologique, à elles seules, sont souvent insuffisantes. Mais, conjointes, elles aideront à retrouver rapidement dynamisme et joie de vivre.

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#1 sanae a écrit le 16/09/2008 à 23:57
bjr votre article est tres important mais :deprimée et sous trt que je suis j'aimerai avoir unie ideé sue les etiologies de la depression?autrement dit:pourquoi une personne X fait une depression alors que l'autre non vivant les memes conditions?et merci
cordialement

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