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La ménopause

Dossier posté le 04/10/2007 07:00 par ardine


Ménopause. Le mot ne fait pas aussi peur que la peste au Moyen Age ou le cancer de nos jours, mais il évoque pour beaucoup de femmes des résonances douloureuses. Age critique pour les unes, terminus de la féminité et entrée dans la vieillesse pour d’autres. Période difficile à vivre pour toutes, tant psychologiquement qu’au niveau physiologique. Or, rien n’est faux. On peut vivre la ménopause différemment. En la pensant, en la préparant, en la traitant à la fois de manière plus sérieuse et moins tragique.

Il est difficile de savoir comment la ménopause était vécu jadis. On a de bonnes raisons de penser que pendant des siècles, compte tenu de l’âge précoce de la mortalité de l’espèce humaine, et chez le sexe féminin en particulier, la grande majorité des femmes n’atteignaient pas cette étape de leur vie. Déjà, sous cet angle, la ménopause, loin d’apparaître comme une période malheureuse, devrait plutôt être considérée comme la conquête d’une nouvelle tranche de vie.
Vers la fin du 19e siècle, elle se situe entre trente-cinq et cinquante-cinq ans. Maintenant, l’âge moyen est aux alentours de la cinquantaine. Ce recul est principalement dû à l’amélioration des conditions de vie. Une femme est ménopausée lorsque l’arrêt des règles (aménorrhée) persiste depuis au moins un an. La période qui précède est appelée préménopause, celle qui suit est la postménopause.

Préménopause

Cette période est caractérisée par des irrégularités menstruelles, pouvant s’étendre sur une ou plusieurs années. Des troubles commencent à apparaître : migraine, irritabilité, prises de poids périodiques avant l’apparition des règles, état légèrement dépressif.
Il ne faut pas hésiter à consulter régulièrement . Le médecin phyto-aromathérapeute dispose en effet de moyens efficaces tant au niveau de l’action hormonale qu’à celui de la circulation.
La contraception pose des problèmes : elle est plus difficile à maîtriser qu’au moment où la femme est régulièrement réglée. En particulier, les techniques du type Ogino ou la méthode des températures ne sont pas fiables du tout. Si l’on porte un stérilet, il est préférable d’attendre un an complet après l’arrêt des règles avant de le faire enlever. Ce type de contraception présente à cet âge de nombreux inconvénients. La « pilule », c’est-à-dire la contraception hormonale, est également contre-indiquée, car elle risque d’accentuer le déséquilibre du terrain. Il est donc préférable de s’orienter vers une contraception locale : ovules, crèmes et tampons spermicides, préservatifs masculins. (voir les différentes méthodes de contraception )
Avec ou sans troubles, à partir de quarante ans il est conseillé à la femme de vaincre sa gêne ou sa peur de consulter régulièrement le médecin.

Ménopause

La femme ménopausée, aujourd’hui, est prise au sérieux par le corps médical : ce n’est pas une mince conquête ; elle n’est plus seule ave ses troubles, jugés exagérés ou intraitables.
Les principales manifestations de la ménopause sont :
  • -    les bouffées de chaleur,
  • -    les insomnies,
  • -    la fatigue,
  • -    un état dépressif plus ou moins latent,
  • -    le dessèchement de la peau et des muqueuses, en particulier une sécheresse vaginale, allant de pair avec une atrophie et des démangeaisons.

Pour tous ces troubles, la médecine classique et allopathique propose un traitement essentiellement hormonal. Les médecins phyto-aromathérapeutes sont d’un avis différent : à valeur thérapeutique égale, il leur semble préférable d’employer – comme l’indique le nom de cette médecine – les plantes (phyton) et les huiles essentielles (en abrégé H.E., encore appelées arômes ou essences). Par exemple, les bouffées de chaleur  et les sueurs nocturnes – qui sont la traduction d’un désordre hormonal (manque de folliculine) et circulatoire – disparaissent certes avec une hormonothérapie, mais le traitement phytothérapique, à base d’hysope, de sauge, de cyprès, d’alchemille, de camomille, de mélliot, de houblon, est aussi efficace sans présenter les mêmes inconvénients. Nous ne préciserons davantage les traitements, car tout ce qui touche au terrain et aux activités hormonales doit être fondé sur un bilan précis et prescrit avec doigté et compétence. L’automédication n’est donc pas souhaitable. Il est important que les patientes soient informées de cette possibilité qui leur est offerte. Elles pourront, si elles le désirent, consulter un médecin ayant cette formation.

L’homéopathie offre des possibilités d’agir sur les troubles de la ménopause : Lachesis  9CH : 3 granules par jour jusqu’à amélioration (disparition des troubles, bouffées de chaleur, ostéoporose, troubles cardiaques, insomnies).
Mais la ménopause peut entraîner certains complications, qu’il ne faut pas ignorer. Nous mentionnerons les deux principales, non pour effrayer les lectrices, mais pour permettre à temps une prévention et un traitement. Ce sont principalement les troubles circulatoires et les phénomènes de décalcification.

Risques cardio-vasculaires

Les risques coronariens sont statistiquement supérieurs chez les hommes. Mais lors d’un hystérectomie et lors de la ménopause, le taux d’œstrogènes lié aux fonctions du cycle ovarien baisse. On voit alors les risques coronariens remonter chez les femmes, pour rejoindre celui des hommes.
Est-il possible de prévenir ce danger potentiel ? On peut pallier cet inconvénient de la ménopause en donnant des plantes ayant une action oestrogénique substituve (nous les avons mentionnés plus haut).

Il existe un « bon » et un « mauvais » cholestérol. Nous voulons dire par là que le cholestérol est un matériau indispensable à la construction de l’organisme vivant, mais lorsque son taux sanguin dépasse la norme (1,8g/l) et surtout lorsqu’il se dépose dans la paroi des vaisseaux – ce qui l’épaissit et la durcit -, il devient alors nuisible à la santé. Il est donc conseillé de réduire les aliments riches en cholestérol, essentiellement les corps gras d’origine animale (viandes, charcuteries, graisses animales, beurre) et de donner la préférence aux huiles et graisses végétales.
Les affections veineuses sont également fréquentes : varices, hémorroïdes, jambes lourdes. On évitera une alimentation trop riche. A titre thérapeutique, on utilisera de l’intrait de marron d’inde, seul ou en association avec de vigne rouge, des feuilles de noisetier en infusion (fraîches ou en poudre).

Risque de décalcification

Dans la période postménopausique, une femme sur trois peut souffrir de décalcification pouvant conduire à de l’ostéoporose. Celle-ci survient dans les dix ans qui suivent l’arrêt de la fonction ovarienne.
Ce phénomène est directement lié à la carence en oestrogènes. La densité osseuse est d’autant plus basse que la ménopause est plus précoce, car le calcium ne se fixe plus très bien. Les os sont plus fragiles et il en résulte des douleurs lombaires et dorsales.

Il est donc important de consulter et de mettre en œuvre un traitement dans les trois ans qui suivent l’arrêt des règles. Il est composé de trois volets :
  • - le traitement oestrogénique de substitution ;
  • - des exercices physiques réguliers : marche, vélo, natation, gymnastique… ;
  • - enfin un régime riche en calcium et en fixateurs de calcium. Mais le fromage, contrairement aux idées reçues, est trop riche pour cette période de la vie. Il faut préférer les yaourts et les fromages blancs à 0 %de matière grasse. On peut manger en petite quantité des oléagineux : amandes, noisettes. Pour éviter la déminéralisation, on utilisera des plantes comme la prêle, la renouée des oiseaux.

Troubles de la vie sexuelle

L’expression de la sexualité étant en rapport d’une part avec la vie psychologique, d’autre part avec le fonctionnement hormonal, il est doublement logique que la ménopause soit marquée par des perturbations de la libido. Le plus souvent, cela se traduit par une diminution de celle-ci. Généralement, le facteur psychologique est prédominant . il manifeste soit une aggravation d’un état antérieur insatisfaisant – la femme n’ayant jamais eu de vie sexuelle réellement épanouissante -, soit la montée d’un syndrome dépressif. C’est à ce double niveau que le thérapeute devra intervenir. Une fois ces problèmes réglés, la libido reviendra normale.

Mais il ne faut pas négliger l’aspect anatomique. La carence oestrogénique peut provoquer plus ou moins rapidement une sécheresse et une atrophie de la muqueuse vaginale. Les rapports sexuels peuvent devenir difficiles, parfois franchement douloureux ou impossibles. On peut obtenir une guérison sans nécessairement recourir à une chimiothérapie de type hormonal. Le phytothérapie et le médecin de terrain pourront prescrire à leurs patients des ovules à base de vitamines E et A ainsi que d’H.E. de sauge, qui régleront ce problème.
L’expression de la vie sexuelle dépend beaucoup plus d’éléments psychosociaux que de facteurs hormonaux. Le premier organe sexuel de l’espèce humaine est le cerveau, avec le psychisme. Ce n’est pas la diminution d’un taux d’hormones – aisément compensable au demeurant – qui peut tuer la féminité d’une femme.

Pour mieux vivre sa ménopause

Cette période est souvent vécue par la femme avec un profond sentiment de vide affectif, d’humiliation, d’inutilité. « Je ne peux plus avoir d’enfants, je ne suis plus désirable. » Soyons clairs : il ne faut pas confondre fécondité et féminité. C’est l’âge de la perte de la fertilité et aussi des variations de la vie affective, certes, mais convenablement négociée et préparée par la culture d’une autre manière de penser, par la création d’un autre style de vie et de relations affectives, la postménopause peut apporter bien des joies.

Les intellectuelles sont généralement plus protégées, car elles vivent mieux ce changement. Elles savent mettre en place des mécanismes de défense et des activités compensatrices souvent très efficaces. Ce n’est peut-être plus l’âge des grandes passions (qui sait ?), mais c’est celui de satisfactions plus calmes, plus profondes et non moins épanouissantes. C’est la ménopause « active ». pour cela, la femme surveillera son poids et son alimentation, elle redoublera d’attention en ce qui concerne son hygiène de vie : élimination de l’alcool, de tabac, diminution des graisses, suppression du sucre – ce qui évitera les fringales et, par voie de conséquence, les risques d’obésité…Une exigence d’esthétique à l’égard de soi-même, la pratique d’une activité de détente ou d’une action sociale, des intérêts intellectuels à la satisfaction desquels on veille jalousement sont  facteurs d’estime de soi et de victoire. Et si par bonheur les troubles décrits dans ces lignes n’apparaissent pas, ne pas s’inquiéter de ce que la ménopause est trop belle. Il est préférable de consulter de toute manière, mais chaque femme est unique et les variations individuelles sont courantes.

En conclusion, disons qu’il faut éviter la ménopause « passive ». en subissant cette étape, la femme risque de voir s’installer des troubles de caractère : agressivité, irritabilité, tendances dépressives ou hypocondriaques (le sujet se croit atteint de mille et un maux).
Vive la ménopause active ! La vie ne recommence pas à zéro, certes, mais va s’organiser différemment. Cet évènement n’est donc pas un terminus mais le signal d’un départ vers une autre vie, avec d’autre cadences, d’autres valeurs. En luttant activement contre les désagréments physiologiques et physiques, en investissant dans le présent et dans de nouveaux domaines, la femme de la cinquantaine ne regrettera pas trop l’époque du paraître et de la séduction si elle sait accéder au temps de l’être et à ses richesses.


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