Ménopause. Le mot ne fait pas aussi peur que la peste au
Moyen Age ou le cancer de nos jours, mais il évoque pour
beaucoup de femmes des résonances douloureuses. Age critique
pour les unes, terminus de la féminité et
entrée dans la vieillesse pour d’autres.
Période difficile à vivre pour toutes, tant
psychologiquement qu’au niveau physiologique. Or, rien
n’est faux. On peut vivre la ménopause
différemment. En la pensant, en la préparant, en
la traitant à la fois de manière plus
sérieuse et moins tragique.
Il est difficile de savoir comment la ménopause
était vécu jadis. On a de bonnes raisons de
penser que pendant des siècles, compte tenu de
l’âge précoce de la mortalité
de l’espèce humaine, et chez le sexe
féminin en particulier, la grande majorité des
femmes n’atteignaient pas cette étape de leur vie.
Déjà, sous cet angle, la ménopause,
loin d’apparaître comme une période
malheureuse, devrait plutôt être
considérée comme la conquête
d’une nouvelle tranche de vie.
Vers la fin du 19e siècle, elle se situe entre trente-cinq
et cinquante-cinq ans. Maintenant, l’âge moyen est
aux alentours de la cinquantaine. Ce recul est principalement
dû à l’amélioration des
conditions de vie. Une femme est ménopausée
lorsque l’arrêt des règles
(aménorrhée) persiste depuis au moins un an. La
période qui précède est
appelée préménopause, celle qui suit
est la postménopause.
Préménopause
Cette période est caractérisée par des
irrégularités menstruelles, pouvant
s’étendre sur une ou plusieurs années.
Des troubles commencent à apparaître : migraine,
irritabilité, prises de poids périodiques avant
l’apparition des règles, état
légèrement dépressif.
Il ne faut pas hésiter à consulter
régulièrement . Le médecin
phyto-aromathérapeute dispose en effet de moyens efficaces
tant au niveau de l’action hormonale
qu’à celui de la circulation.
La contraception pose des problèmes : elle est plus
difficile à maîtriser qu’au moment
où la femme est régulièrement
réglée. En particulier, les techniques du type
Ogino ou la méthode des températures ne sont pas
fiables du tout. Si l’on porte un stérilet, il est
préférable d’attendre un an complet
après l’arrêt des règles
avant de le faire enlever. Ce type de contraception présente
à cet âge de nombreux inconvénients. La
«
pilule »,
c’est-à-dire la contraception hormonale, est
également contre-indiquée, car elle risque
d’accentuer le déséquilibre du terrain.
Il est donc préférable de s’orienter
vers une contraception locale : ovules, crèmes et tampons
spermicides, préservatifs masculins. (voir les
différentes
méthodes de contraception )
Avec ou sans troubles, à partir de quarante ans il est
conseillé à la femme de vaincre sa gêne
ou sa peur de consulter régulièrement le
médecin.
Ménopause
La femme ménopausée, aujourd’hui, est
prise au sérieux par le corps médical : ce
n’est pas une mince conquête ; elle n’est
plus seule ave ses troubles, jugés
exagérés ou intraitables.
Les principales manifestations de la ménopause sont :
- - les bouffées de
chaleur,
- - les insomnies,
- - la fatigue,
- - un état
dépressif plus ou moins latent,
- - le dessèchement
de la peau et des muqueuses, en particulier une sécheresse
vaginale, allant de pair avec une atrophie et des
démangeaisons.
Pour tous ces troubles, la médecine classique et
allopathique propose un traitement essentiellement hormonal. Les
médecins phyto-aromathérapeutes sont
d’un avis différent : à valeur
thérapeutique égale, il leur semble
préférable d’employer – comme
l’indique le nom de cette médecine – les
plantes (phyton) et les huiles essentielles (en
abrégé H.E., encore appelées
arômes ou essences). Par exemple, les bouffées de
chaleur et les sueurs nocturnes – qui sont la
traduction d’un désordre hormonal (manque de
folliculine) et circulatoire – disparaissent certes avec une
hormonothérapie, mais le traitement
phytothérapique, à base d’hysope, de
sauge, de cyprès, d’alchemille, de camomille, de
mélliot, de houblon, est aussi efficace sans
présenter les mêmes inconvénients. Nous
ne préciserons davantage les traitements, car tout ce qui
touche au terrain et aux activités hormonales doit
être fondé sur un bilan précis et
prescrit avec doigté et compétence.
L’automédication n’est donc pas
souhaitable. Il est important que les patientes soient
informées de cette possibilité qui leur est
offerte. Elles pourront, si elles le désirent, consulter un
médecin ayant cette formation.
L’homéopathie offre des possibilités
d’agir sur les troubles de la ménopause :
Lachesis 9CH : 3 granules par jour
jusqu’à amélioration (disparition des
troubles, bouffées de chaleur, ostéoporose,
troubles cardiaques, insomnies).
Mais la ménopause peut entraîner certains
complications, qu’il ne faut pas ignorer. Nous mentionnerons
les deux principales, non pour effrayer les lectrices, mais pour
permettre à temps une prévention et un
traitement. Ce sont principalement les troubles circulatoires et les
phénomènes de décalcification.
Risques cardio-vasculaires
Les risques coronariens sont statistiquement supérieurs chez
les hommes. Mais lors d’un hystérectomie et lors
de la ménopause, le taux
d’œstrogènes lié aux
fonctions du cycle ovarien baisse. On voit alors les risques
coronariens remonter chez les femmes, pour rejoindre celui des hommes.
Est-il possible de prévenir ce danger potentiel ? On peut
pallier cet inconvénient de la ménopause en
donnant des plantes ayant une action oestrogénique
substituve (nous les avons mentionnés plus haut).
Il existe un «
bon » et un
«
mauvais »
cholestérol. Nous voulons dire par là que le
cholestérol est un matériau indispensable
à la construction de l’organisme vivant, mais
lorsque son taux sanguin dépasse la norme (1,8g/l) et
surtout lorsqu’il se dépose dans la paroi des
vaisseaux – ce qui l’épaissit et la
durcit -, il devient alors nuisible à la santé.
Il est donc conseillé de réduire les aliments
riches en cholestérol, essentiellement les corps gras
d’origine animale (viandes, charcuteries, graisses animales,
beurre) et de donner la préférence aux huiles et
graisses végétales.
Les affections veineuses sont également
fréquentes : varices, hémorroïdes,
jambes lourdes. On évitera une alimentation trop riche. A
titre thérapeutique, on utilisera de l’intrait de
marron d’inde, seul ou en association avec de vigne rouge,
des feuilles de noisetier en infusion (fraîches ou en poudre).
Risque de décalcification
Dans la période postménopausique, une femme sur
trois peut souffrir de décalcification pouvant conduire
à de l’ostéoporose. Celle-ci survient
dans les dix ans qui suivent l’arrêt de la fonction
ovarienne.
Ce phénomène est directement lié
à la carence en oestrogènes. La
densité osseuse est d’autant plus basse que la
ménopause est plus précoce, car le calcium ne se
fixe plus très bien. Les os sont plus fragiles et il en
résulte des douleurs lombaires et dorsales.
Il est donc important de consulter et de mettre en œuvre un
traitement dans les trois ans qui suivent l’arrêt
des règles. Il est composé de trois volets :
- - le traitement oestrogénique de substitution ;
- - des exercices physiques réguliers : marche,
vélo, natation, gymnastique… ;
- - enfin un régime riche en calcium et en
fixateurs de calcium. Mais le fromage, contrairement aux
idées reçues, est trop riche pour cette
période de la vie. Il faut préférer
les yaourts et les fromages blancs à 0 %de
matière grasse. On peut manger en petite quantité
des oléagineux : amandes, noisettes. Pour éviter
la déminéralisation, on utilisera des plantes
comme la prêle, la renouée des oiseaux.
Troubles de la vie sexuelle
L’expression de la sexualité étant en
rapport d’une part avec la vie psychologique,
d’autre part avec le fonctionnement hormonal, il est
doublement logique que la ménopause soit marquée
par des perturbations de la libido. Le plus souvent, cela se traduit
par une diminution de celle-ci. Généralement, le
facteur psychologique est prédominant . il manifeste soit
une aggravation d’un état antérieur
insatisfaisant – la femme n’ayant jamais eu de vie
sexuelle réellement épanouissante -, soit la
montée d’un syndrome dépressif.
C’est à ce double niveau que le
thérapeute devra intervenir. Une fois ces
problèmes réglés, la libido reviendra
normale.
Mais il ne faut pas négliger l’aspect anatomique.
La carence oestrogénique peut provoquer plus ou moins
rapidement une sécheresse et une atrophie de la muqueuse
vaginale. Les rapports sexuels peuvent devenir difficiles, parfois
franchement douloureux ou impossibles. On peut obtenir une
guérison sans nécessairement recourir
à une chimiothérapie de type hormonal. Le
phytothérapie et le médecin de terrain pourront
prescrire à leurs patients des ovules à base de
vitamines E et A ainsi que d’H.E. de sauge, qui
régleront ce problème.
L’expression de la vie sexuelle dépend beaucoup
plus d’éléments psychosociaux que de
facteurs hormonaux. Le premier organe sexuel de
l’espèce humaine est le cerveau, avec le
psychisme. Ce n’est pas la diminution d’un taux
d’hormones – aisément compensable au
demeurant – qui peut tuer la féminité
d’une femme.
Pour mieux vivre sa ménopause
Cette période est souvent vécue par la femme avec
un profond sentiment de vide affectif, d’humiliation,
d’inutilité. «
Je ne peux plus
avoir d’enfants, je ne suis plus désirable.
» Soyons clairs : il ne faut pas confondre
fécondité et féminité.
C’est l’âge de la perte de la
fertilité et aussi des variations de la vie affective,
certes, mais convenablement négociée et
préparée par la culture d’une autre
manière de penser, par la création d’un
autre style de vie et de relations affectives, la
postménopause peut apporter bien des joies.
Les intellectuelles sont généralement plus
protégées, car elles vivent mieux ce changement.
Elles savent mettre en place des mécanismes de
défense et des activités compensatrices souvent
très efficaces. Ce n’est peut-être plus
l’âge des grandes passions (qui sait ?), mais
c’est celui de satisfactions plus calmes, plus profondes et
non moins épanouissantes. C’est la
ménopause «
active
». pour cela, la femme surveillera son poids et son
alimentation, elle redoublera d’attention en ce qui concerne
son hygiène de vie : élimination de
l’alcool, de tabac, diminution des graisses, suppression du
sucre – ce qui évitera les fringales et, par voie
de conséquence, les risques
d’obésité…Une exigence
d’esthétique à
l’égard de soi-même, la pratique
d’une activité de détente ou
d’une action sociale, des intérêts
intellectuels à la satisfaction desquels on veille
jalousement sont facteurs d’estime de soi et de
victoire. Et si par bonheur les troubles décrits dans ces
lignes n’apparaissent pas, ne pas
s’inquiéter de ce que la ménopause est
trop belle. Il est préférable de consulter de
toute manière, mais chaque femme est unique et les
variations individuelles sont courantes.
En conclusion, disons qu’il faut éviter la
ménopause «
passive
». en subissant cette étape, la femme risque de
voir s’installer des troubles de caractère :
agressivité, irritabilité, tendances
dépressives ou hypocondriaques (le sujet se croit atteint de
mille et un maux).
Vive la ménopause active ! La vie ne recommence pas
à zéro, certes, mais va s’organiser
différemment. Cet évènement
n’est donc pas un terminus mais le signal d’un
départ vers une autre vie, avec d’autre cadences,
d’autres valeurs. En luttant activement contre les
désagréments physiologiques et physiques, en
investissant dans le présent et dans de nouveaux domaines,
la femme de la cinquantaine ne regrettera pas trop
l’époque du paraître et de la
séduction si elle sait accéder au temps de
l’être et à ses richesses.