Ces quelques dernières années, malgré
les conditions et le
rythme
effréné de la vie,
l’allaitement
au sein fait son retour. De l’organisation mondiale
de la santé aux maternités, les professionnels
encouragent les jeunes mamans à pratiquer
l’allaitement maternel. Avec les sels minéraux,
les vitamines, les acides gras, les lipides, les protides, les glucides
dans le lait maternel, il fait de lui l’alimentation la plus
équilibrée et la plus adaptée au
nourrisson. De plus, il renforce l’anti-corps du
nouveau-né.
Quelques unes de ses avantages :
- le lait maternel contient des
«
ig » A (immuno-globulines A)
et des cellules qui protègent l’enfant
d’un bon nombre d’infections
générales et digestives.
- Par ses graisses et ses
protéines particulièrement digestes, il assure
une plus grande souplesse dans l’horaire des repas et
l’enfant est souvent plus calme.
- Le lait est toujours à la
température adéquate.
Il est admis que la perte de poids qui suit la naissance ne doit pas
excéder 10% du poids de naissance et que la reprise de
celui-ci doit se faire avant le 15è jour. Avec
l’allaitement au sein, la perte de poids est beaucoup plus
faible : 200g, et la reprise du poids de naissance se fait vers le
8è jour.
- Le contact physique plusieurs fois par
jour entre mère et enfant contribue à
l’équilibre et à
l’épanouissement de chacun.
- L’enfant et la
mère a besoin de calme pour cette relation
privilégiée.
- La position de la mère doit
être confortable et éviter toute sensation
pénible.
- Le rythme et la durée ne
doivent pas obéir à des règles trop
rigides, sinon peuvent naître
l’anxiété et résulter
l’échec.
- Mais des fréquences trop
rapides (plus de 8 tétées par jour) et donc trop
longues (plus de quinze minutes) doivent appeler un changement
d’attitude.
- Enfin, la certitude pour la
mère que son lait est le meilleur aliment mérite
d’être entretenue par la famille. Seuls quelques
rares cas d’ictère (jaunisse) dus au lait maternel
peuvent imposer l’arrêt de l’allaitement
au sein. (Il est à souligner qu’en
réchauffant le lait maternel, cet ictère peut
disparaître.)
Les premières tétées
La première mise au sein se fera dès que possible
après la naissance, alors qu’il vaut
mieux attendre vingt-quatre heures pour donner le premier biberon ;
l’enfant possède à ce
moment-là un réflexe de succion, qui
s’atténue rapidement s’il
n’est pas entretenu, pour reprendre de la vigueur
après quelques jours. Les tétées
seront aussi fréquentes que le demande l’enfant
respectant un intervalle minimum de deux heures.
On conseille de ne pas complémenter avant le
troisième jour.
L’enfant doit prendre le sein à pleine bouche,
c’est-à-dire l’auréole
comprise, et non le mamelon seul.
La courbe du poids est un bon test de surveillance. Sauf incident
particulier, elle mérite d’être
contrôlée tous les jours la première
semaine, une fois par semaine les premiers mois et une ou deux fois par
moi ensuite.
Les petits problèmes des premiers jours
Si la maman est
fatiguée
:
- il n’y a pas de
contre-indication absolue à l’allaitement ;
- le repos de nuit et une ou plusieurs
«
siestes » sont
nécessaires, mais le lever et la marche le sont autant ;
- la maman aura
intérêt à se coucher un quart
d’heure avant la tétée et à
rester allonger pendant celle-ci, dans une position confortable pour
les deux.
Si la montée de lait tarde à venir, surtout
après un premier accouchement, la maman se pose des
questions : sera-t-elle une bonne nourrice ? Sera-t-elle à
la hauteur de cette tâche nouvelle et délicate ?
Il se pourrait bien que la multiplicité des conseils de la
famille, de l’entourage ou de revues, tous bien
attentionnés, ne finisse par dérouter et
angoisser
la maman : aussi le calme et la confiance sont de mise. Par
un mécanisme hormonal complexe, l’accouchement
induit la sécrétion de prolactine par
l’hypophyse, et la prolactine commande la montée
de lait. Il s’agit là d’un
phénomène naturel, automatique, splendide, qui
force l’admiration et que l’on doit attendre avec
confiance et recevoir avec reconnaissance.
On n’insistera jamais assez sur les avantages d’un
bon équilibre psychique de la maman et sur la
nécessité du calme pendant la
tétée.
L’alimentation de la mère sera variée,
simple et agréable, comprendra une grande
diversité de fruits, de légumes et de
céréales complètes (au moins en
partie), ainsi que des laitages. Les boissons doivent être
plus abondantes que d’habitude : 2l à 2,5l par
jour, et variées : eau, lait, tisanes, bouillon de
légumes, jus de fruits, ect. On évitera les
boissons excitantes : thé, café, ainsi que les
boissons alcoolisées.
Un quart d’heure de repos au lit avant la
tétée favorise la montée de lait. On
peut citer également à cet égard un
produit pharmaceutique à bas de plantes, le Galactogil (1
à 4 cuillérées à soupe par
jour).
Pour les familles qui ont la joie de compter parmi elles un
nouveau-né de plus, il leur faut préserver
l’enfant : chacun le sait et le fait, préserver la
mère : elle en a besoin longtemps après sa sorite
de maternité, et préserver la relation
mére-enfant pour quelques mois encore, car ils forment un
tout indissociable.
Le sein
Le sein est un organe fragile, et en période
d’allaitement il l’est davantage et
mérite encore plus d’attentions. Examinons
ensemble quelques complications :
Crevasses
- prévention :
il faut éviter les produits antiseptiques forts ; sur
l’aréole et le mamelon, le rinçage
à l’eau tiède suffit. Avant la
tétée, maintenir une hygiène
rigoureuse des mains du bébé et des mains de la
maman. Pendant la tétée, la position de
l’enfant doit lui permettre de prendre à pleine
bouche l’aréole de manière à
pouvoir presser le mamelon contre le palais et non le pincer du bout
des lèvres. Les tétées
prolongées favorisent les crevasses et n’apportent
les crevasses et n’apportent rien à
l’enfant, mais on peu tout de même faire durer un
peu le plaisir et pour l’enfant et pour la mère en
prolongeant le contact avec le sein. Le séchage soigneux est
primordial ; le mamelon doit être couvert d’une
compresse et il faut veiller à la renouveler assez souvent
pour éviter la macération, surtout
s’il persiste un petit écoulement entre les
tétées. De même, on évitera
les sous-vêtements rugueux et les vêtements
serrés.
-traitement :
supprimer la tétée du
côté malade pendant quelques heures, mais il est
vrai que la tétée de l’autre sein va
entraîner une montée de lait des deux
côtés. La tension mammaire sera combattue par la
pression douce du sein entre les deux mains visant expulser le lait
depuis la base d’implantation du sein vers le mamelon.
Sécher soigneusement et laisser à l’air
autant que possible et de préférence
exposé au soleil. Un séchage plus minutieux
encore peut être obtenu grâce au
sèche-cheveux.
- les produits cicatrisants :
bien des pommades peuvent être utilisées.
Citons-en deux : la pommade au calendula et la
Kératocynésine (ou d’autres
à base de vitamines A et E). Elles seront toujours
employées en couche mince, seule la partie au contact de la
peau est efficace, le reste est inutile, voire nuisible.
Le nettoyage se fera à l’eau bouillie et
tiédie ; on peut y ajouter du
Kératocynésol à raison de ½
cuillérée à café pour 1
verre d’eau ; d’autres désinfectants
peuvent être utilisés isolés ou
mélangés : la teinture-mère de souci
(calendula), de plantain (plantago majus) et de phytolacca tecandra :
50 gouttes pour ½ verre d’eua bouillie et
tiédie.
L’engorgement
- prévention
la mise au sein de l’enfant dans les premières
heures et les tétées fréquentes les
premiers jours constituent une bonne prévention.
Il faut veiller à ce que les seins soient vides
après la tétées ; si celle-ci ne
suffit pas à les vider entièrement, une
pression manuelle effectuée comme indiquée
ci-dessus pourra le faire.
Les bonnets du soutien-gorge doivent être de volume
adapté et surtout ne pas entraîner des points de
compression, en particulier au niveau du prolongement du sein vers
l’aisselle, afin d’éviter un engorgement
localisé.
Enfin, on ne saurait trop insister sur la
sérénité qui doit présider
à la
tétée…L’enfant alors
tète régulièrement et vide bien le
sein.
-traitement :
la moindre tension mammaire impose immédiatement la prise de
douches chaudes ou l’application de compresses chaudes
souvent renouvelées. Ce traitement reste de mise et est
efficace en cas d’engorgement ou de lymphangite. Toutefois,
la survenue d’un engorgement important ou d’une
lymphangite nécessite une consultation auprès
d’un médecin, qui seul jugera de la
nécessité d’anti-inflammatoire ou
d’antibiotiques.
La lymphangite
Presque toujours, il s’agit d’une complication de
crevasses ou d’engorgement. Elle se manifeste par de la
température et localement par des placards rouges
indurés, douloureux, aux contours non limités,
avec des prolongements, et ayant tendance à
l’extension. Dès les premiers symptômes,
le traitement sera constitué, comme pour
l’engorgement, de compresses chaudes fréquemment
renouvelées. Le repos est impératif, en position
telle que le sein ne soit ni comprimé ni en tension. Les
tétées seront fréquentes et
commenceront par ce sein. Si les symptômes ne
s’amoindrissent pas en douze à vingt-quatre
heures, le recours à un médecin est
indispensable. Le risque est représenté par la
formation d’un abcès, qui, en plus au traitement
médical, voire chirurgical, impose
l’arrêt des tétées de ce
côté. S’il faut cesser
l’allaitement, en plus des conseils ci-dessus et des
traitements médicaux on peut proposer, pour aider au
tarissement de la sécrétion, la prise de sauge
(salvia off.) : 20g de feuilles séchées pour 1l
d’eau, infuser dix minutes, 3 tasses par jour, ou un
dépuratif.
La compression ne se fera jamais sur des seins engorgés
à cause d’une lymphangite.
Aux premières difficultés, les jeunes mamans sont
encouragées à ne pas baisser les bras,
à ne pas abandonner rapidement car l’allaitement
maternel est si bénéfique à
l’enfant et c’est aussi un moment
privilégié partagé entre la
mère et le bébé. En plus,
aujourd’hui, la mère
bénéficie d’une bonne écoute
et d’un bon accompagnement dans les maternités ou
les différents centres de PMI (Protection Maternelle et
Infantile).